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 Désaccords.

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MessageSujet: Désaccords.   Dim 28 Mar - 16:57

    Ses pas le long de l'écume flirtaient avec la mousse des flots sans jamais dévier de sa trajectoire, lente mais précise, établie. Seule dans ce paysage d'une plage sobre, recueillie, l'âme fermée comme un cadenas solide et incassable, les yeux céruléens se mêlent à l'harmonie maritime sans aucun sentiment.

    Depuis qu'il est mort, elle vient souvent ici. Peut-être une forme de deuil encore mal avortée. Peut-être un goût apprécié de la nostalgie. Peut-être une once de tristesse dans cet océan d'assentiments. Ou peut-être le vide, un acte sans motivation.

    Ils ont toujours été ainsi conditionnés, à vivre comme des machines, à tuer comme des machines, à rédiger les actes de décès sans aucun pleur, à écouter les hurlements de leurs tortionnaires sans un battement de cil, à tirer sur l'enfant Aimantaliste sans aucune pitié. Ils ont même fini par apprendre à ne plus avoir besoin de penser pour agir. Automatismes, réflexes inconscients et écoeurants dont Faith ne veut même plus saisir la portée et l'envergure.

    Elle soupire, s'arrêtant pour faire face à l'océan. Il est en colère, il gronde un peu mais ne montre pes les dents. Sûrement veut-il se révolter pour tous ceux que le montre aux yeux d'eau face à lui a pu liquider. Sûrement, oui, la mer voudrait tant prendre sa revanche pour ces pauvres victimes, engloutir la cruelle et détestable créature. Mais rien n'y fait. Le vent tout juste lui assène une gifle, une mèche brune venant lui barrer le visage sans qu'elle ne réagisse.

    Faith soupire. Déjà dix ans que son père les avait quitté, elle et sa mère. Déjà dix ans que tout ça avait commencé. S'il était resté en vie ? Des images fugitives passaient dans son esprit endormi, anesthésié.

    Ne pas y penser.

    Le bourdon des vagues la fait s'accroupir face à la mer, alors que sa main vient à attraper une poignée de sable clair. Le grain file entre ses doigts, mobile, tantôt palpable, tantôt insaisissable. Aile veille sur eux, sur tous ces gens morts pour lesquels leurs cendres ont rejoint ces côtes. Du moins, c'est ce que Faith veut bien croire. Et pourquoi ne pas y croire ? Ce serait stupide. Ce serait ... Suicidaire.

    Un bruit la surprend, et elle tourne le regard, vive et furtive, lâchant le sable disparate dans les airs.
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Dim 28 Mar - 17:34

Une fois par semaine, le Général des Ailisses quitte Hisgard pour s'aventurer loin, très loin de tout ce qu'il a obtenu dans le pêché et la douleur. Hors de question de s'aventurer dans Cylardem ou Heimdahal... endroits qu'il a cherché à quitter coûte que coûte tout au long de sa vie. Non, il n'y avait que le spectacle onirique des ondulations de la Mer pour reposer un peu son âme. Il pouvait alors oublier à quel point il était devenu un Ailisse horrible. Nombreux sont ceux qui naissent avec la fierté d'être Ailisse et ainsi, nombreux sont ceux qui ignorent ce que c'est que de venir et de vivre tout en bas... Des gens qui seraient prêts à vénérer Aile et à se scarifier pour elle, seulement pour vivre un peu mieux... Pourtant, seul une maigre poignée d'entre eux parviennent à s'en sortir. Au mieux, ils atteignent Lygrasül, endroit du début de ce conte.

Loin de toutes les technologies de pointes, Caim n'emmène avec lui que le symbole ultime de sa puissance et de son pouvoir dans Livia M, l'Épée du Jugement. Il ne porte même pas sa prothèse bionique et se balade ainsi sur la plage avec son seul bras fait de chair et de sang... Peut-être la dernière chose humain qu'il lui reste de son passé et qui lui rappelle à quel point il est insignifiant lorsqu'il quitte son monde de Général des Armées. Il sait que l'Epée du Jugement n'est qu'un mensonge, et pourtant elle est la chose qu'il chérie le plus désormais. Sans elle... Le Général Caim n'est rien.

Il n'a aucun doute, la Déesse Suprême existe bel et bien. Lorsque l'on naît Ailisse, on naît au Paradis. Pourquoi est-ce que le reste du Continent n'est-il qu'une immense étendue de sables et de montagnes arides ? Qu'est-ce qu'il y avait avant ? Les archives témoignent de rien. Si elles existèrent autrefois, il est probable qu'un Oracle soit passé par là... Et au de-là de la Mer, existe-t-il autre chose que ce bassin gigantesque d'eau ? Il est impensable de songer à une quelconque expédition... L'Oracle le tuerait. Remettre en question les uniques fondements de Livia M ? En ajoutant l'Epée du Jugement... La seule chose dont Caim est désormais certain, c'est que ce Monde a été façonné selon le désir et l'envie de Aile. Et la loi du plus fort récompense les plus audacieux et les plus fervents. Exception qui confirme la règle, Caim est le moins fervent d'entre tous et pourtant, il participe mieux que quiconque à l'amusement inépuisable d'Aile sur son terrain de jeu.

Enfin, on ne demande pas à un Général de réfléchir sur de telles choses à caractère blasphématoire mais bel et bien d'agir. Les Alguzs sont des animaux dangereux pour la société de Aile et les Aimantalistes menacent les infrastructures et la population avec leurs pouvoirs démoniaques. C'est ce que l'Oracle aimerait faire croire à tout le monde... Mais pourquoi les M seraient apparus dix années plus tôt et jamais avant ? Qu'est-ce qui fait que l'on devient un M ? Comment ont-ils acquis leurs pouvoirs effroyables ? Caim n'en sait absolument rien. Tout ce dont il est certain, c'est que son ambition personnelle est de protéger la population de Livia M. Et à cette heure-ci, ils représentent un danger pour tous. La diplomatie n'est pas envisageable. Caim ressent au plus profond de son âme que la Déesse Suprême désire la confrontation et l'incompréhension. Et comment combattre et vaincre le Divin ? Dès le début, il n'y a plus lieu d'y songer.

La fatalité est là, juste devant lui. Il ne peut pas s'opposer à un système qui l'arrange. Le seul pouvoir qu'il possède serait de rendre la vie de chacun un peu plus supportable.

Sans oublier ces disparitions étranges et mystiques qui sont l'œuvre des Espers... Quelle ironie, le Général des Ailisses ne sait même pas que son plus grand ennemi est sous ses pieds. Pourquoi la Déesse bienveillante laisserait-elle les choses se passer ainsi ? Il n'y a aucune réponse à apporter à un tel mortel. La seule chose qui est certaine, c'est que le temps passe et que les grains de sables volent... Agir ou réfléchir, il faut choisir.

Bonjour, Faith. C'est une surprise que de te voir ici. Tu as l'air bien pensive, je peux peut-être t'aider ?

Caim observait la jeune femme, Faith. A chaque fois qu'il croisait son regard, il se souvenait qu'il lui devait la vie. L'expression du visage de Caim était plutôt chaleureuse et on pouvait alors remarquer qu'il quittait totalement son enveloppe de Général des Ailisses. Il se massa la nuque de sa seule main et jeta un bref regard de son seul œil violacé sur l'étendue d'eau interminable. Vraiment, se pouvait-il qu'il existe un autre monde derrière ce paysage idyllique ?


Dernière édition par Caim le Dim 28 Mar - 20:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Dim 28 Mar - 18:00

    Faith s'est redressée, agile et rapide, son dos se raidissant dans un port droit quasiment militaire. Car face à elle ne se trouve pas n'importe qui, mais le général des Armées d'Aile. Elle n'était guère impressionnée, mais respectueuse : la vérité était que par le passé, les images d'un général blessé qu'elle tenait entre ses bras écorchés et couverts de coupures fines lui revenaient par balayages intempestifs. Elle n'oubliait pas que cet homme, bien que puissant et considéré comme un homme incroyable et prestigieux par bien des populations pauvres et idylliques devant l'élite militaire et technologique, est avant tout un humain fait de chaire t de sang. Comme elle. Tout aussi dépendant de son enveloppe physique et de sa prothèse qui, comme elle le note, lui manque à ce jour.

    « Bonjour Général. »

    Rien de plus, rien de moins. Les relations sociales n'ont jamais été son fort, et elle ne peut pas vraiment s'en cacher : passant souvent son temps libre seule, peu encline et adepte des activités de groupe, dotée d'un esprit de compétition plutôt accru, Faith était taillée pour s'adapter aux bras secs et rudes de la solitude. Des questions banales comme un "ça va" lui apparaissaient superflues. Dénuées de logique. Bien sûr qu'il allait bien. Et même si ca n'était pas le cas, Faith doutai que le Général se confie à elle. Qu'elle fut sa sauveuse n'y changeait strictement rien.

    « Je songeais à Aile. A notre chance d'être ce que nous sommes. »

    Et quelle chance. Ils ne s'en rendaient sûrement même pas compte, c'était le plus sarcastique dans cette situation de crise bizarre. Etre un ennemi qui vivait dans la misère, l'obscurité des égoûts ou qui devait se cacher n'était guère enviable face à l'option d'être un ennemi nourri, au chaud, logé et payé.

    « Je me demandais même ce qu'il en serait si nous étions de l'autre côté. Si nous étions à la place de ceux que nous pourchassons. »

    Sa voix était plate, lisse, ni rigide ni ampoulée, son ton laissant comme une arrière-pensée de question légère et innocente. Mais Faith n'avait plus rien d'une enfant, et, elle en avait parfaitement conscience, ce qu'elle venait de dire là était bien risqué. Qui sait ce que Caïm songerait ? La jeune femme continuait d'observer l'océan, puis finit par déporter ses iris céruléennes sur le visage chaleureux de son supérieur. Etonnant contraste qui aurait presque pu faire penser que c'était lui le soldat et elle la dirigeante.

    Il fallait se méfier des gens trop sympathiques.
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Dim 28 Mar - 22:43

Faith s'était redressée et avait opté pour le banal salut militaire. Quelle aubaine, lui qui espérait oublier son rang lors de cette journée de repos... Enfin, ce n'était pas comme si le membre du Crisis Core était reconnue pour organiser des fêtes d'adolescents. Elle se tenait devant lui, raide et froide. Elle n'avait rien d'autre à lui envier si ce n'était que ce respect naturel parcequ'il était le Général et elle, elle était sous ses ordres.

Tu songes à Aile ? C'est d'un naturel...

Caim sourit en coin. Il était amusant de constater que cette banalité se répercutait sur chaque Ailisse. Cette appellation qui prenait racine du nom de la Déesse Suprême en personne n'étonnait de nos jours absolument plus personne. Ce qui l'étonna fut sa troisième réplique. Elle songeait aux conditions de vie de l'autre camp, entre autre ? Étonnant. Il ne s'était jamais vraiment posé cette question, mais pourquoi pas. Du moins, il savait juste ce que c'était d'être parmi les Humains.

Tu détesterais les Ailisses et la Déesse Suprême, j'imagine. Que sont les Aimantalistes ? Quand j'étais plus jeune, j'ai connu des gens. Des Humains, comme je le fus. Il y a deux mois... J'ai reconnu quelques visages familiers... Des personnes qui ne possédaient pas de telles pouvoirs il y a douze ou treize ans... Alors, que sont les Aimantalistes ? A mon sens, la plupart sont innocents et victimes à la fois.

Où allait-il ? Comment pouvait-il se permettre de mettre l'ennemi principal actuel au rang d'innocent et de victime ? La réaction de Faith allait être probablement intéressante. Enfin, il ne fallait pas briser l'image du Général impartial. Faith ne voulait probablement voir aucun autre visage de Caim.

Les Aimantalistes ne sont pas dangereux. Ce sont leurs pouvoirs qui le sont. Ils ont blessé et tué des personnes parmi nous dès le premier jour et nous avons probablement fait de même. A la place des anciens Généraux, je ne pense pas que j'aurais engagé tout de suite la bataille. Du moins, les Oracles ont été très favorables à cette rivalité sans nom... Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les Aimantalistes qui naissent aujourd'hui sont des fugitifs parcequ'ils sont catalogués comme les autres Aimantalistes. Ce qui est certain, c'est que leurs pouvoirs sont dangereux et incontrôlés pour la plupart... Et pour cela, nous ne pouvons pas les laisser fréquenter Livia Maxima.

Comment étaient-ils nés, bon sang ? Il désirait tant le savoir ! Comment avaient-ils acquis le pouvoir de déchainer les éléments ? Et puis, il y avait toujours ces entités presque invisibles, les Espers dont il ignorait toujours tout... La population de Livia M ne pouvait pas s'envoler comme ça, par magie. Il y avait forcément une explication concrète et du domaine de la science physique à tout cela.

Oui, nous avons tout deux connu la Bataille du Désert... Et très loin là-haut...Il pointa le Nord du regard.Nous savons tout les deux que seule la Mort attend les Ailisses qui oseraient s'y aventurer.

Vraiment, qu'est-ce que le Monde d'Aile était imparfait. Enfin, non, c'était faux. Il était clairement parfait pour amuser la Déesse Suprême. La seule pointe de réflexion hérétique de Caim et son impuissance suite à cette dernière devait l'amuser. Même très loin d'elle, il était sien. S'en rendre compte aurait été humiliant. Il refuserait de croire qu'il n'était pas parvenu à devenir le Général des Ailisses à cause de son talent et de ses hauts-faits passés. Jamais il ne pourrait admettre que le Divin avait sa source là-dedans. Et pourtant... L'Oracle l'avait choisi.

Pendant qu'ils vivaient en paix et en harmonie du côté d'Hïsgard, les autres peuples avaient développé une haine et une jalousie pour cette vie de rêve. Et même s'il avait désiré réparer ce qui avait déjà été fait, il était bien trop tard pour faire machine arrière. En tant que Général, il devait désormais agir avec les cartes qu'il avait en main et considérer le passé comme une leçon.
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Lun 29 Mar - 0:22

    « Sauf votre respect, nous y pensons tous. Celui qui croit pouvoir mener sa vie sans prendre en compte la Déesse Aile se trompe lourdement. »

    Se doutait-elle seulement que Caim considérait que sa réussite n'avait en rien été permise par la déesse mais par ses seules capacités ? Sûrement pas, mais s'il avait encore la vie sauve à ce jour, c'était parce qu'Aile le voulait bien. Et seule Elle savait quoi faire, avec qui, et surtout pourquoi. Que Caim puisse penser qu'il serait toujours seul maître de sa Destinée et que rien de religieux n'interviendrait en sa faveur ou défaveur relevait de l'utopie pure et simple : même si Aile n'existait pas, son culte, le mythe et sa présence mystique planaient. La population surnageait dans cet esprit étrange où la peur se mêlait à la fascination.

    Elle l'écoute, silencieuse et passive, mais néanmoins attentive. Ses mots ne manquent pas de la faire sourire intérieurement : le général ne l'est pas pour rien. La population et son bien-être, toujours. Ca sonnait comme un discours qu'on vous servait à une foule en délire, histoire d'apaiser les tensions et les frayeurs. Mais Faith n'avait pas peur, et elle était certes bien plus manipulable que le peuple, mais néanmoins, ce qu'il lui disait là ne la satisfaisait pas pleinement. Il ne disait pas ce que lui pensait : il lui vomissait proprement son discours officiel et objectif.

    « Je me demandais plutôt comment eux vivaient la chose. Je me doute bien qu'ils nous méprisent, nous et Aile. »

    Elle range une mèche de cheveux avant de croiser les bras, rabattant ses mains sur ses avants-bras alors qu'elle repose ses yeux sur l'horizon lointain nuageux, encombré de soucis gris.

    « Vous parlez des Aimantalistes de manière bien plus charitable que la moitié des soldats d'Aile. »

    Point de reproche, mais au contraire, une constatation qui ne la surprenait qu'à moitié. Caim semblait sûrement bien moins radical et sectaire à première vue que la populace, peut-être parce qu'il n'avait jamais perdu quelqu'un de sa famille à cause de ces fauteurs de trouble .. ? Qui sait.

    « Vous dites qu'ils sont innocents. Victimes. Quels drôles de mots de votre part. »
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Lun 29 Mar - 21:26

Oui, oui. C'est bien ce que ma remarque sous entendait. Aile est au milieu de toute chose.

Aile était au milieu de toute chose ? C'était totalement véridique. Pourtant, il lui manquait le grain de malice pour conclure qu'elle était à l'origine de l'éveil des Aimantalistes. Le raisonnement et la cause étaient pourtant si simples... Tellement simple que Caim n'y songeait même pas. Jouet parfait des désires d'Aile, il écoutait patiemment les répliques de son interlocutrice. Il semblait avoir fait naître une légère once de surprise en Faith. Que pouvait-il ajouter de plus ? Oui, il avait craché un discours officiel et préparé des mois à l'avance. Son image de Général des Ailisses ne devait jamais être remise en cause. Pourtant, il était rongé par l'impossibilité de tenter l'impossible. Son Armée suit d'abord la voix de l'Oracle, ce qui est par ailleurs son propre rôle. Exécuter les traitres et les dangers qui menacent la société des L et faire appliquer les nouvelles lois à la lettre. Sans ordre ni justice, il n'y a que le Chaos qui soit engendré. Ironie du sort ou simple conséquence, à la moindre erreur d'un L... C'est le représentant qui récolte les punitions. Et non... Ce n'est pas véritablement leur Général. Dans le cas contraire, il pourrait probablement soulever une insurrection avec les partisans de son Armée et renverser l'Oracle. Ce n'est pourtant pas possible. Cela le poussait une fois de plus à croire que ce monde était façonné d'une telle façon que Aile demeure adorée et toute puissante.

Bien qu'il ait plutôt l'apparence d'une machine à détruire ses opposants, Caim demeure un Humain avec tout les sentiments qui s'y accompagnent. Sa lucidité sera probablement le symbole de sa future perte. Combien de temps tiendra-t-il sans vérifier tout les doutes qui imprègnent son cœur et obscurcissent un peu plus son âme de jours en jours ? Soutenir et participer à l'élaboration d'une société que l'on ne désire pas est un calvaire tout les jours. Malheureusement pour lui, renoncer n'est pas permis. Renoncer n'est pas égal à Caim. L'abandon de ses fonctions le renverrait tout en bas... L'endroit qu'il refuserait de retrouver. Il préfèrerait probablement mourir plutôt que de vivre cette déchéance sociale.

Enfin, ne le faisons pas passer pour un enfant de chœur. Il est tout le contraire de cela, en fait. Quel homme peut-il prétendre ne pas jouir de son pouvoir ? Caim est un militaire parcequ'il a choisi cette voie. Il a décidé d'apprendre d'être mentalement capable de retirer des vies. Il ne peut le nier... Il aime avoir le pouvoir et le conserver sera l'un de ses intérêts majeurs.

Comment vivent-ils la chose ? Ce doit être frustrant d'être chassés comme des rats. Du moins, ta question n'a aucune réponse pour aujourd'hui. Nous ne sommes pas des Aimantalistes pour ressentir ce qu'ils vivent.

Tout à fait. A quoi bon se morfondre et tenter de réfléchir comme si on était l'ennemi ? Actuellement, c'est chose impossible. Du moins, la marge d'erreur est bien trop considérable pour penser comme eux avec exactitude. La seule chose envisageable serait d'en capturer un et de l'étudier jusqu'à la moelle comme un vulgaire sujet de laboratoire. Et oui, pour comprendre une race et arriver à ses fins... Il faut admettre la cruauté et l'inhumanité. Caim se souvient encore de cet Aimantaliste de la Foudre le jour de leur réveil où il faillit lui retirer la vie car il avait eu simplement peur de lui. Dangereux, ils sont. Et alors, Caim n'a d'autre choix que de se présenter en ennemi.

Oui, ces mots sont étranges sortant de ma bouche. Je devrais peut-être pas me les permettre mais j'entends bien réfléchir de mon propre entendement et me forger mon propre avis sur la chose. Pour moi, ils sont des Humains qui se sont réveillés un matin avec des pouvoirs incontrôlables et dangereux. Quelle en est la cause ? J'aimerais le savoir. En attendant, je dois protéger Livia Maxima du danger qu'ils représentent.
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MessageSujet: Re: Désaccords.   Jeu 1 Avr - 20:18

    Faith songea qu'il y avait quantité de soldats qui étaient bien plus radicaux que le Général qu'ils avaient pour l'heure. Elle songea aussi qu'elle-même trouvait cet homme bien à sa place : il parlait beaucoup, mais les actes étaient sûrement bien loin d'être accomplis. Ca devait être un adepte des grands discours ; et la compréhension entre lui et les soldats allait être d'autant plus rude que plus on était placé haut dans les échelons, plus on se désinteressait des mots pour uniquement se concentrer sur les objectifs. Point de psychologie chez les Ailisses : tout était dans la façon dont vous appuyiez sur la gâchette.

    Faith se redressa, secouant sa crinière pour dégager son regard azuré avant d'observer son interlocuteur de toute sa hauteur, sans haine ni candeur. C'était un homme qu'elle ne connaissait pas, et qu'elle avait sauvé, on ne savait pourquoi. Uniquement parce qu'il était le plus important gradé du petit peloton de survivants et que l'instinct ambitieux de la jeune femme avait primé. Si c'était elle qui le tirait d'affaire, elle en sortirait avec les honneurs. Si elle ne le faisait pas, elle serait moins bien considérée que ses camarades. Et rien ne lui importait plus que de pouvoir accéder aux plus hautes sphères de cette société. Autant par curiosité maladive, malsaine, fascinante, que par appât du pouvoir et de la vénalité féminine.

    N'ayant guère envie de montrer son opposition à un chef qui n'en aurait pas pris compte, la brune montra d'un petit signe de tête la piste de sable léchée par les douces vagues aléatoires.

    « Soit. Comptez-vous marcher un peu ? »

    Qu'il réponde oui, ils feraient alors route ensemble. Un non l'aurait rendu tout aussi indifférente : la solitude était un peu son pain quotidien, et la saveur de ce dernier lui plaisait. A moins qu'elle ne s'en fusse accommodée, dans tous les cas elle ne s'en plaignait guère.

    Alors qu'elle s'était doucement remise à marcher, la jeune demoiselle glissa ses mains dans ses poches, fixant le bout de ses pieds qui s'agitaient, seuls ; se demandant déjà le véritable pourquoi de la promenade du Général dans un lieu aussi sordide. Quand on savait qu'une plage équivalait au lieu de refuge et de repos des âmes morts, on comprenait que bien des gens ne s'y rendaient que vêtus de noir, ou en pleurs. Même l'été, il ne subsistait pas vraiment de baigneurs. Les gens évitaient du moins de se montrer ostensiblement. Et puis la chaleur étouffante rendait les choses compliquées : les bains de minuit étaient les seuls conseillés, si tant est que vous n'ayez pas peur de tomber nez à nez avec un M détraqué, une brochette de L armés jusqu'aux dents, un Alguz, ou, pire, un Esper affamé. Les petites gens étaient décidément les moins bien loties, menacées par tous et dominés sans pouvoir agir.

    « Et qu'est-ce que vous faites ici ? »

    Elle n'était pas plus choquée, qu'agacée : simplement piquée par son incompréhension. Quand on était général, n'avait-on pas d'autres choses à faire ?
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