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 Hyriel [RIP]

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Hyriel
-Perso Décédé-
BWAAAHH !
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Background
Pouvoirs: Seigneur du Vent
Statut: Ex-Fondateur de Firone
Niveau:
4/4  (4/4)
MessageSujet: Hyriel [RIP]   Jeu 1 Avr - 10:55

Nom : Hyriel

Race : M, Aimantaliste

Elément : Vent.

Fonction : Cofondateur de Firone

Age : 24

Niveau : 4

Signes particuliers : Des cheveux d'un blanc immaculé, lui valant bien souvent, et à tort, d'être pris pour un Esper. De nombreuses cicatrices, un piercing à l'arcade gauche et quelques tatouages. Ne sort jamais de l'enclave sans un flacon de peinture.

Description physique : La première chose remarquable quand on considère le jeune homme, c'est bien sur cette longue chevelure blanche. Hyriel n'est pas un albinos non, et encore moins un Esper, mais il a toujours eu cette absence totale de pigmentation aux cheveux. Lorsqu'il était enfant, il les gardait toujours très courts et sortait rarement sans couvre-chef, car c'était là la source de toutes les moqueries. Mais maintenant qu'il est un homme, il arbore fièrement cette marque de son identité en les laissant tomber, fins et disciplinés, sur ses épaules. Il aime à se coiffer différemment suivant ses envies, aimant les entrelacer à l'arrière de son crâne, mais il ne les attache que rarement, l'Aimantaliste aime sentir ses cheveux voler au vent.
Du haut de son mètre soixante quinze, deux yeux mordorés scrutent le monde avec distance au sein d'un visage aux traits fins et au teint légèrement halé. Un piercing à l'arcade vient encadrer son sourcil gauche, ajoutant une pointe de fantaisie au milieu de ce havre paisible duquel peu d'émotions s'échappent. Hyriel s'exprime souvent de manière calme, posée, presque nonchalante, ce qui tantôt peut être interprété comme de la distance, de la froideur, tantôt de l'irrévérence pour qui ne le connait pas. Sa démarche est à l'image de son élocution, témoignant pour certains d'une confiance en soi à toute épreuve, pour d'autre d'un manque absolu de savoir-vivre.
Le jeune homme est souvent habillé de vêtements amples et confortables, privilégiant les couleurs claires sous ce Soleil écrasant : une large tunique de lin blanc cassé tombant sur un sarouel assorti est un parfait exemple de la manière dont il se vêt à Firone. Sa garde-robe comporte bien sur des articles plus spécifiques : des vêtements plus ordinaires pour se fondre dans la masse livienne, d'autres plus étudiés pour leur résistance quand l'action est au rendez-vous. Cela dit, sa main droite et son poignet sont toujours enveloppés par de longues lanières de cuir brut agrémentés de quelques babioles d'étain qui ont toutes une signification particulière.
Enfin, sous ces haillons sont dissimulés quelques soixante kilos d'un garçon imberbe, presque filiforme, la nourriture et l'exercice n'ayant jamais été de grands amis, bien que le contexte actuel ne l'oblige à se discipliner quant à l'entretien de sa condition physique. Par ailleurs, on voit ça et là quelques cicatrices, dont l'essentiel, relativement peu marquées, se concentrent sur ses avant-bras, tandis que la plus impressionnante traverse son dos de part en part. Enfin, pour rompre, mais de manière volontaire cette fois, avec la banalité de son physique, Hyriel a rehaussé sa peau dorée d'un lys sur l'omoplate droite et d'un lézard commun dans le désert de Filgaïa sur le biceps gauche, symbolisant les habitants de l'enclave de Firone. Enfin, une figure tribale plutôt abstraite, rappelant vaguement un M stylisé, à l'intérieur du poignet droit sous l'entrelacs de cuir dont il ne se sépare que pour dormir et se laver.

Description psychologique : Si Hyriel était un adjectif, ce serait "sceptique". Et il en a toujours été ainsi. Depuis qu'il sait parler, qu'il est en mesure d'apprendre, le jeune homme a toujours eu cet espèce de réflexe obscur que de prendre du recul sur ce qu'il pouvait bien entendre, voir, tant que ça ne venait pas de sa propre expérience. Sa mère voyait dans cette attitude une forme d'intelligence qu'elle n'avait eu la chance d'avoir. Son père lui, était surtout agacé par le flot de questions qui en découlait, d'autant plus que le petit Hyriel le suivait partout lorsqu'il travaillait dans le manoir Iyari et qu'il était curieux de tout. En revanche, avec le reste du monde, le garçon restait distant. On ne savait vraiment s'il s'agissait de méfiance ou de timidité, mais il n'avait jamais eu beaucoup d'ami d'autant qu'il était souvent la cible de quolibets à cause de ses cheveux. C'est peut-être finalement par habitude qu'aujourd'hui encore, l'Aimantaliste est quelqu'un de relativement solitaire, mais c'est aussi quelqu'un de résolument sûr de lui. Et puis au final, il aime être au calme et fuir l'agitation ambiante, préfère se taire plutôt que de parler pour ne rien dire, et son activité favorite pourrait être de dormir, si les temps n'étaient pas si mouvementés, aussi tend-il de plus en plus à mettre sa paresse de côté. Cette distance qu'il semble toujours mettre entre lui et le reste du monde lui donne un côté assez mystérieux. D'aucuns le disent froid, calculateur, tandis que d'autres n'y voient que nonchalance, indolence et insolence, et cette apparente apathie en agace plus d'un. Cela dit, le jeune homme est également d'un sang froid à toute épreuve, ou presque, et s'il parle peu, il n'hésite pas à agir. Même lorsque sa vie ou celle est autres est en jeu, il sait toujours quoi dire, ou quoi faire : "On n'a pas le temps de paniquer lorsqu'on s'applique à réfléchir plus vite que l'ennemi."
En outre, Hyriel est tout de même quelqu'un qui sait ce qu'il veut, et qui sait le faire savoir. Un brin râleur, souvent de mauvaise foi, il est vrai que celui qui ne le connait pas peut avoir l'impression que les rares fois où il se manifeste, c'est pour aller à l'encontre des autres. Mais c'est là la marque d'une de ses rares qualités : la franchise. Il n'ira pas tourner autour du pot s'il a quelque chose à vous faire savoir : il exècre par dessus tout l'hypocrisie (c'est une autre raison qui le pousse à se méfier de tous) alors il n'ira jamais s'abaisser à la pratiquer, quitte à y laisser des plumes même si les risques sont toujours calculés. Même si vous ne saurez jamais ce qu'il ressent, il vous mettra toujours au courant de ce qu'il pense.

La seule qui le connaisse vraiment sous un jour différent pourrait vous dire que tout ceci, ce n'est que du vent. Qu'il agit comme ça pour se protéger, car quand on le connait, et qu'on a sa confiance, il sait tantôt vous rassurer et vous persuader que vous avez fait le bon choix, tantôt vous exhorter à agir, à prendre des risques, mais toujours pour votre bien. Elle vous dira aussi que quand on sait comment lui parler, il sait se lâcher et vous faire passer des moments inoubliables. Elle vous assurera qu'il n'existe pas d'ami plus fidèle et plus prompt à mettre sa vie en jeux pour les autres. Et que quand on sait passer outre ses airs d'ours mal léché, on découvre une sensibilité à fleur de peau et une réelle empathie. N'empêche que personne ne saurait affirmer qu'elle a raison, tant ils passent leur temps à se déchirer pour mieux se réconcilier. Ayashen pourrait vous dire tout ça, mais elle ne le fera jamais.


Biographie : Bien qu'il n'en parle jamais, la vie d'Hyriel n'est un secret pour personne. Enfant unique d'une mère qui n'avait pour seule qualité qu'assez d'amour pour tout Filgaïa, et d'un père qui avait toujours su s'en sortir en dépit de son manque d'instruction, il avait malgré tout bénéficié d'une enfance heureuse pour un enfant qui partait de si bas. En effet, peu de temps après sa naissance, son père avait réussi à trouver un emploi d'homme à tout faire au service de la famille d'un Ailisse en fonction à Livia M tandis qu'il avait fait engager sa femme en cuisine. Aussi, même s'ils n'avaient jamais eu de possessions bien à eux, sa famille n'a jamais eu à souffrir du froid ou de la faim, car la famille Iyari les logeait en échange de leurs précieux services. Et ces derniers n'avaient jamais eu à se plaindre car le père d'Hyriel, comme il le disait lui-même, avait "faute de l'intelligence des mots, l'intelligence des mains", et il exhortait sans cesse son fiston à ne jamais abandonner devant une difficulté, en la surmontant avec ses propres moyens, car "quoi qu'il arrive, la solution est toujours en toi" disait-il, "il faut juste savoir la trouver." Cet homme avait su se rendre indispensable : tantôt jardinier, tantôt plombier, parfois couvreur, il n'y avait pas un problème au manoir qu'il n'aurait su résoudre. C'est pourquoi Hyriel avant tant d'admiration pour son père, et qu'il le suivait partout tant qu'il le pouvait, il était même fier quand il pouvait l'aider.
Lorsqu'il ne marquait pas son père à la culotte, le gamin allait espionner la plus jeune fille de la demeure, d'à peine plus d'un an sa cadette. Il aimait par dessus tout la regarder lorsqu'elle était avec ses précepteurs, qu'ils lui apprenaient la lecture et les chiffres. Celle-ci le remarqua bien vite, et un jour qu'il s'occupait à ramasser des feuilles tombées devant la maison, elle vint le trouver d'un air innocent.

"T’as pas envie d’aller te baigner ? lui avait-elle demandé.
-Mais il y a pas d’eau dans le coin !
-Tu sais, j'ai bien vu que tu m'espionnais tout à l'heure !
-Beuh, n'importe quoi... répondit-il tout penaud.
-Si, je t'ai vu ! Mais tu sais, ça me dérange pas... tu sais nager ?
-Bah évidemment que j'sais ! Mais... j'ai pas le droit, je dois aider Papa à...
-Allez viens, sois pas poule mouillée ! Et puis tu travailles pour moi, tu dois faire c'que j'te dis !" conclut-elle en l'entrainant par la main jusqu'à la plage la plus proche.

Et c'était là le début d'une longue amitié...
Bien vite, les frères d'Ayashen remarquèrent que leur sœur passait du temps avec le fils de la servante et s'empressèrent de les dénoncer à leurs parents, mais malgré une opposition farouche au début, ces derniers ne purent aller à l'encontre de leur fille chérie qui avait déjà le caractère bien trempé, et finalement ils en prirent leur parti, si bien que parfois, lorsqu'il s'était acquitté des tâches qui lui incombaient, il pouvait même assister aux leçons de leur fille. C'était leur manière de remercier ses parents pour leur travail exemplaire. En somme, la situation contentait tout le monde au final, tant que personne d'autre ne le soupçonnait. Alors Hyriel se trouvait toujours consigné dans sa chambre dés qu'il y avait de la visite, mais il finit par s'y habituer, comme pour le reste.

Ce petit jeu dura des lunaisons, des années même, jusqu'à un soir alors qu'ils venaient d'avoir un cours de morale.
"Tu y crois toi, à la création de tout ça par la déesse ? lança-t-il en s'appuyant nonchalamment contre un mur de la cuisine.
-Tu es tombé sur la tête ? Évidemment, comment veux-tu que tout ça soit arrivé là sinon ?
-J'sais pas... y a des fois où je trouve ça un peu bizarre... ce qu'on nous rabâche à propos d'Aile...
-Qu'est ce qui te fait dire ça ?
-Boarf rien... oublie, y a des fois où je pense trop ! rétorqua-t-il avec auto-dérision.
-Ouais, et t'as des patates à éplucher !" lança-t-elle pour le taquiner avant de regagner ses appartements.

Le soir même, la nuit de l'adolescent fut animée de bien curieux cauchemars, des visions d'apocalypse, de créatures monstrueuses, si bien qu'il en perdit définitivement le sommeil.

Le lendemain, alors qu'il s'affairait sur le toit à nettoyer la girouette d'or qui culminait sur l'immense demeure des Iyari, Ayashen l'interpela depuis sa fenêtre de chambre :
"Hé Hyriel, j'ai entendu dire qu'il y avait un concert au Bosquet ce soir !
-Non, je te vois venir, c'est hors de question, la dernière fois m'a servi de leçon ! renvoya-t-il sans s'interrompre.
-Allez ! Tu vas pas me laisser y aller toute seule quand même !
-Et si pour une fois tu faisais ce qu'on te dem..."
Le jeune homme fut interrompu lorsque le chiffon sur lequel il venait de poser le pied se déroba, l'envoyant dans le vide à plusieurs dizaines de mètres du sol. Hyriel n'eut que le temps de se recroqueviller sur lui-même, cherchant à protéger son visage avant de heurter le sol, mais à quelques centimètres de l'impact, une énorme lame de vent, comme le souffle d'une explosion, vint arracher les buissons sur lequel il s'apprêtait à s'empaler et amortir sa chute comme s'il tombait sur un coussin géant. Incrédule, au milieu de ce cratère juste après avoir vu sa dernière heure arriver, il lui fallut un instant avant de reprendre ses esprits. Un simple moment d'inattention et s'il s'était retrouvé précipité dans le vide, et sans comprendre, il n'était même pas blessé.
Les croisa ensuite le regard de son amie, qui d'après son expression n'avait pas plus compris que lui ce qui venait de se passer, mais ils leur suffit d'un regard pour s'entendre sur le fait qu'il ne fallait en parler à personne. Et sans rêvasser plus longtemps, et après s'être assuré qu'il n'y avait d'autre témoin, Hyriel s'affaira à réparer au mieux les dégâts tout en cherchant une explication plausible à la disparition des buissons.

Des semaines passèrent, et Hyriel, désormais employé au même titre que son père, cherchait toujours une explication, même s'il avait peur de comprendre... Cela faisait déjà quelques mois que son maître parlait des Aimantalistes. Il n'avait plus que ce mot là à la bouche, mais jusque là, comme pour tout le reste, Hyriel n'y croyait pas trop. Malheureusement pour lui, un nouvel évènement vint balayer tout doute possible de manière irréfutable.
Ce soir là, il avait fait le mur, malgré lui, pour accompagner Ayashen dans une de ses nombreuses escapades, et malheureusement, cette fois-ci le père de cette dernière les attendait de pied ferme. Il tenait Hyriel responsable de la crise d'adolescence qui débutait chez sa fille, et cette fois-ci était le prétexte pour laisser échapper sa colère. Alors qu'il haussait le ton et s'égosillait contre le jeune homme, son absence de réaction le fit sortir de ses gonds. Il attrapa le premier objet qui lui tombait sous la main, une statuette décorative en bronze représentant Aile victorieuse, et le leva au dessus de sa tête, mais avant qu'il n'eut le temps de frapper le responsable de tous ses maux qui fermait déjà les yeux, une bourrasque de vent le projeta avec force contre le mur opposé. Cette fois-ci le doute n'était plus permis. Et cette fois-ci, tout le monde avait assisté à la scène. Sans prendre la peine de réfléchir plus d'une demie seconde, Hyriel prit ses jambes à son cou et quitta la maison qui l'avait vu grandir. Il partit sans un regard pour Ayashen, ni pour ses parents, car il se sentait responsable : c'était là la réponse de la déesse pour avoir douté d'elle. Désormais, il n'avait plus besoin de croire en Aile, il savait...


Désormais, la vie d'Hyriel n'était plus que survie dans cette jungle hostile qu'était Livia Maxima. Il avait pu revoir sa mère, peu de temps après son départ précipité, celle-ci ayant tenu à lui offrir quelques changes et un peu de ce qu'elle avait cuisiné. Le jeune homme qui n'avait jamais su lui dire non avait accepté malgré le risque qu'il lui faisait courir, mais au moins, c'était l'occasion de lui dire adieu, et d'adresser quelques mots à son père.
Les premiers temps étaient difficiles, car il avait grand peine à maîtriser ses pouvoirs, qui se manifestaient de façon totalement anarchique, l'obligeant à changer d'endroit sans arrêt. Il ne passait jamais plus de deux nuits au même endroit, et ne pouvait lier aucun contact avec qui que ce soit, ce qui eut certainement pour conséquence de le renfermer encore un peu plus sur lui-même.
Au fil des lunaisons, il parvenait à canaliser ses émotions petit à petit, et par conséquent à endormir progressivement l'attention qu'on lui portait, jusqu'à finalement retrouver une certaine tranquillité, même si cela restait relatif. Il avait changé d'apparence à maintes reprises, et le petit garçon aux cheveux toujours très courts était devenu un homme aux longs cheveux s'habillant de jeans et de cuir et gagnant sa vie comme il le pouvait, enchainant les petits boulots. Par respect pour l'homme qu'était son père, il avait recourt au vol le moins souvent possible, et il n'avait jamais trempé dans quoi que ce soit de plus répréhensible. On avait pu le croiser le matin qui livrait les journaux aux différents kiosques de Livia, ou un midi dans l'arrière cuisine d'un restaurant à la plonge ou même un soir à décharger le dernier chalutier qui amenait les précieux fruits de la pêche pour le marché du lendemain. Par précaution, il ne restait jamais très longtemps sans bouger, et n'occupait que des postes qui lui permettaient de n'être ni trop en vue, ni trop longtemps sans pouvoir laisser se défouler les vents de sa malédiction, et en sus, il s'arrangeait toujours pour être payé sans passer par le système bancaire de LM dont il était exclu.

Mais comme il s'attendait à ce que cela arrive un jour, au bout d'une petit poignée d'années de fuite il fut dénoncé alors qu'il s'était établi dans un immeuble au bord de la ruine depuis moins d'une semaine à Cylardem. La délation était monnaie courante à Livia, encouragée par le système de récompense mis en place par le gouvernement Ailisse.
Alors qu'il s'appliquait à faire chauffer une gamelle de haricots, adossé à la fenêtre du cinquième étage du bâtiment désert, il aperçut un groupe d'hommes en armes qui se dirigeait vers la porte d'entrée. Sans perdre une seconde, il gagna la cage l'escalier qu'il monta quatre à quatre jusqu'en son sommet pour gagner le toit. Malheureusement, la sortie qui le séparait de la liberté était condamnée, et pressé par l'arrivée des Ailisse, il s'engouffra dans la première porte qu'il trouva ouverte.
Hyriel se trouvait dans un appartement qui n'en avait plus que le nom, et dont l'unique ouverture était scellée. Il ne lui restait plus qu'à attendre l'arrivée du faucheur, car il savait que ces gens là n'hésitaient pas lorsqu'ils découvraient un Aimantaliste. Le jeune homme se concentrait du mieux qu'il le pouvait pour retenir son élément et l'empêcher de s'échapper avant que l'ennemi ne pointe le bout de son nez... et c'est finalement un visage connu qui fit retomber tout le stress qu'il accumulait consciencieusement.

"Aya c'est toi ?! Ça faisait longtemps..." lança-t-il.

Sans ciller, elle vint immédiatement le menacer de son arme en lui collant le canon sur la tempe. Elle le transperçait littéralement du regard mais il ne baissait pas les yeux pour autant. Finalement, la scène telle qu'elle se déroulait ne l'étonnait pas vraiment. Il retrouvait là dans cet Ailisse implacable le caractère et l'énergie de son amie d'enfance qui avait du aller à l'encontre de l'avis paternel une fois de plus pour intégrer les forces de l'ordre liviennes.
Malgré tout, il la voyait hésitante et sentait les tremblements de sa main que le canon en métal faisait résonner dans son crâne. Comme pour l'encourager à accomplir son devoir, il ajouta :

"Allez, qu'on en finisse, ça sera fait comme ça...
-Ferme là !" coupa-t-elle.

L'Aimantaliste ne put réprimer un léger sourire au coin de ses lèvres. Décidément, elle n'avait pas changé d'un iota, et il était presque heureux de la revoir une dernière fois avant de mourir, bien que ce moment se fît attendre. L'équipier d'Aya était certainement du même avis, car il prit la parole, non sans une pointe d'hésitation dans la voix.

"Si tu veux, je peux..."

Mais sa phrase resta inachevée tandis qu'un violent coup de crosse venait de s'abattre sur son crane dans un bruit sinistrement caverneux. Elle resta figée ainsi, l'arme levée à mis hauteur comme en suspens dans l'espace, juste le temps de réaliser toute la portée de son geste. Puis sans même accorder un regard à celui pour lequel elle s'était faite criminelle, elle fendit l'air du tranchant de sa voix.

"Dégage de là, avant que je ne change d'avis."

Le jeune homme la remercia d'un signe de la tête et quitta la pièce d'un bond, et d'un deuxième il se retrouva au dessus du vide, dévalant la cage d'escalier à toute vitesse jusqu'à s'arrêter à moins d'un mètre du sol dans une explosion silencieuse qui souffla toutes les fenêtres du rez-de-chaussée. A peine avait-il posé le pied à terre qu'il avait déjà disparu dans les méandres de Cylardem.


Quelques jours plus tard, le vent de la Rumeur vint aux oreilles de l'Aimantaliste. On disait qu'une Ailisse allait être exécutée en place publique. Elle aurait laissé une de ces abominations s'en tirer, elle l'avait même aidé activement en assommant son équipier. C'est ce qu'on racontait, et la similitude avec sa propre histoire était trop grande, il fallait qu'Hyriel aille vérifier de ses yeux.
Le jour venu, après avoir pris soin de dissimuler ses cheveux sous un bonnet tel qu'en ont les dockers de Livia, il se rendit sur l'Agora où la foule était déjà dense. Tout le monde attendait avec avidité de voir le sang couler, et la clameur s'éleva lorsque la condamnée apparut suivie de près par le bourreau. Cette tignasse rouge qui venait de disparaitre dans la cagoule règlementaire, il n'y en avait pas deux comme ça, il n'y avait plus aucun doute, c'était bien Ayashen qui allait être exécutée. Il lui fallait faire vite, elle lui avait sauvé la vie, alors Hyriel se devait de tenter quelque chose pour lui rendre la pareille.
Jouant des coudes pour arriver jusqu'au premier rang, il déclencha d'un geste de la main une bourrasque qui fit tomber le bourreau à la renverse. Et alors qu'on commençait à s'insurger et que les spectateurs aussi bien que les Sîns se ruaient sur lui, une averse meurtrière vint s'abattre sur la place des supplices. Des trombes d'eau dévastatrices lui donnèrent le temps de s'extirper de leur emprise pour rejoindre son amie, et au moment même où il la rejoignit sur l'estrade, la pluie se changea en glace, en stalactites acérés qu'Hyriel veillait à dévier de leur trajectoire pour rester en vie et sauver celle d'Ayashen. Il se saisit de son cran d'arrêt et s'empressa de rompre les liens de son amie qui ôta aussitôt le tissus qui l'aveuglait. Il contemplait comme elle l'amoncellement de cadavres mutilés de toute part qui jonchait l'Agora des Cauchemars qui pour le coup portait bien son nom. Enfin, le jeune homme la saisit par le bras pour l'aider à se relever, et alors que la pluie reprenait le dessus sur la glace, elle vint se blottir contre lui pour chercher le réconfort. Après une seconde d'hésitation, il l'entoura de ses bras protecteurs, et comme il scrutait le ciel à la recherche d'une réponse divine, la pluie devint plus légère et se fit neige, virevoltant au gré du vent.

Depuis ils ne s'étaient plus quittés, et pendant des lunaisons entières, Hyriel s'affairait à leur trouver de bonnes cachettes tout en canalisant les ardeurs de son amie. Et ce n'était pas une chose aisée, car Ayashen ne songeait plus qu'à la vengeance. La chasseresse devenue gibier entendait bien reprendre sa place de prédateur, et le temps qui passait n'y faisait rien, tant et si bien qu'un beau jour, leur éternelle dispute à ce sujet éclata plus fort qu'à l'accoutumée. La jeune femme quitta leur hôtel avec fracas pour disparaitre en vociférant dans les rues de Cylardem. Hyriel n'avait pas cherché à la retenir, il savait que c'était vain, aussi s'était-il appliqué à rassembler leurs maigres affaires et à régler leur dette envers le gérant avec son calme habituel.
Une fois sorti, l'Aimantaliste n'eut pas à chercher sa compagne très longtemps, car l'agitation qui régnait à deux rues de leur hôtel ne pouvait être que de son fait, et c'était comme cela depuis leur enfance. Grâce à son pouvoir, l'Aimantaliste du vent gagna les toits, aussi bien pour la repérer plus efficacement que pour rester discret aux yeux des Sîns arrivaient déjà en renfort. Et c'est en la voyant s'engager dans une impasse qu'il décida d'agir : blotti dans la pénombre, il attendit que son amie arrive à sa hauteur pour l'entrainer vers lui tout en plaquant sa main sur sa bouche avant que ses poursuivants ne puissent les voir ou les entendre. Il s'en était fallu de peu cette fois-ci, et les Ailisses qui l'avaient perdu de vue s'empressèrent d'aller fouiller les ruelles voisines.

"Il faut partir Hyriel ! Pas seulement du quartier, je veux dire... J'ai tué un homme... un Ailisse... Toute la ville sera demain à mes trousses et aux tiennes aussi, du coup... " lui dit-elle, peut-être encore un peu trop tôt au gout du jeune homme.

C'était désormais une question d'habitude pour lui que de fuir sans cesse, mais cette fois-ci, il accepta de reconsidérer son point de vue. Ses motivations étaient floues, même pour lui, partagé qu'il était entre la lassitude de sa vie actuelle malgré ce qu'il pouvait en dire, et ses inquiétudes quant à l'espérance de vie d'Ayashen sans personne pour la raisonner et atténuer ses ardeurs de temps en temps.

C'est ainsi qu'ils fondèrent l'Enclave Aimantaliste de Firone au sein d'anciennes ruines érodées par le sable brûlant du désert, par delà les montagnes du nord de Livia. Hyriel fut surpris de la rapidité avec laquelle étaient arrivés les premiers habitants de Firone portés par la rumeur, les uns motivés par l'envie de combattre l'oppression Ailisse, les autres par le besoin de trouver un endroit où ils pourraient être libres et vivre simplement sans craindre pour leur vie. Il s'était battu aux côtés de chacun d'entre eux pour sauvegarder leur havre de paix lorsqu'un régiment de Sîns avait engagé la désormais célèbre Bataille du Désert. Fort de cette victoire, c'est à ce moment là qu'Hyriel crut réellement en la pérennité de l'entreprise qu'il avait mené avec Ayashen, et c'est depuis qu'il profite de chacune de ses escapades en ville pour marquer les murs même de la cité de son passage, signifiant ainsi aux Ailisses qu'ils étaient décidés à se battre, et encourageant ceux qui hésitaient encore à franchir le pas pour rejoindre les rebelles, qu'ils soient maudits par les éléments ou non.


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